Mise en place de biofiltre

Le Parc naturel est une région agricole où l’enjeu « pesticide » est important. Le risque de pollution par les produits phytosanitaires (PPP) ne se résume pas à la pulvérisation en champ. En effet, lors du rinçage et du nettoyage du pulvérisateur, l’eau utilisée est contaminée et peut, si on la lâche directement dans le caniveau, se retrouver très vite dans les eaux de surface. Habituellement, le fond de cuve est vidé lors d’un dernier passage au champ. Cependant, celui-ci sert à se débarrasser de la fin du produit qui peut ruisseler et contaminer les eaux.
Partant de constat, le Parc naturel a décidé d’implanter des bio-filtres sur son territoire.
Un bio-filtre est un dispositif simple destiné à recevoir des eaux souillées par des pesticides et à les en débarrasser (99% des molécules sont captées par le dispositif).
Ce système permet le traitement des eaux de fonds de cuve par un processus biologique. On mise dans ce but sur le pouvoir de décomposition des bactéries du sol. Le substrat doit rester humide pour favoriser l’activité microbienne.
Le bio-filtre est constitué de 3 cubitainers (1 m³) superposés permettant l’écoulement de l’un à l’autre. Les effluents à traiter percolent donc successivement d’un bac à l’autre (après 12 heures de séjour par cubitainer) après avoir été envoyés dans le premier cubitainer en haut. La charge journalière ne doit pas dépasser 350 litres.
Les eaux traitées, faiblement chargées de produits phytos, ne peuvent cependant pas être déversées dans les canalisations. Elles peuvent être épandues après récolte sur les champs cultivés avec le pulvérisateur ou encore utilisées pour un traitement herbicide.
Ces containers sont remplis d’un substrat organique constitué de 50 % de paille hachée, de 25 % de sol (sableux) et de 25 % de compost ou terreau.
L’activité microbienne entraine une dégradation du substrat qui diminue en volume.

Tous les 1 à 2 ans, le volume du substrat disparu doit être compensé par un apport de 65% (volume) de paille et 35% de terreau ou compost. L’ancien substrat doit être sorti des bacs et mélangé avec la nouvelle paille hachée et le terreau ou compost. Après 5 à 10 ans, le substrat doit être renouvelé complètement. Le substrat à éliminer sera envoyé dans un centre de traitement des terres.

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Contact "Développement économique et Rural - Agriculture" : Hervé LUST - h.lust@pnpc.be - 068/54 46 02