Les matériaux

1. Les murs
Les matériaux les plus souvent utilisés dans l’habitat traditionnel rural sont issus des ressources du milieu environnant.
Très présente dans le sous-sol de la région, l’argile est à l’origine de la prédominance de la brique (Matériau originellement de facture artisanale, la brique sera produite industriellement à partir du 19ème siécle) de terre cuite comme matériau de construction.

Le mur de brique

La régularité d’une maçonnerie de brique est due au type d’appareillage (alternance de boutisses et de panneresses).
Les joints discontinus qui découlent de ce type d’appareillage renforcent la cohésion de la maçonnerie.
Afin de protéger la brique de l’humidité, la maison est blanchie à la chaux.
Un goudronnage du bas des murs protège ceux-ci des éclaboussures de l’eau s’écoulant du toit.

La brique, par la régularité de son format, permet la création d’une frise saillante. Cette frise qui orne le pied de la toiture a un rôle fonctionnel, en permettant de prolonger la structure de la charpente au-delà du mur et ainsi d’éloigner le plus loin possible les eaux de la toiture.

Le mur de torchis

Aujourd’hui oubliée, la technique du pan de bois et torchis a été très employée dans la région jusqu’au début du 20ème siècle.
Généralement, un soubassement en maçonnerie assure une assise plus solide aux murs de la bâtisse et une protection contre les dégradations dues à l’humidité. Dans ce type de construction, le torchis est retenu par un réseau de branchages entrelacés (le clayonnage) puis lissé et recouvert d’un enduit de protection.
Pour en savoir plus, voir le site http://pandebois.org/

Au Pays des Collines, l’utilisation de la pierre calcaire pour les murs est exceptionnelle.
Un habitat caractérisé par des murs de brique rouge, apparente ou blanchie à la chaux.

2. La toiture
L’image la plus courante de la toiture régionale est une bâtière de tuiles limitée par des pignons débordants.
Avant d’être supplanté par la tuile (seconde moitié du 19ème siècle), le chaume de seigle prédominait sur les toitures.
C’est la forte inclinaison nécessaire à un écoulement rapide des eaux de pluie (indispensable dans le cas d’une toiture végétale) qui a conduit à la généralisation des toitures à pignons aigus dans la région.

Les pignons qui dépassent de la toiture protègent celle-ci (à l’origine en chaume) des effets du vent et de la pluie.
Aujourd’hui, ce sont des tuiles dites aussi « pannes » qui sont présentes sur la majeure partie des toits. Leur tonalité orange est nuancée par des variations chromatiques (production artisanale combinée au vieillissement naturel du matériau).
Dans la région, la tuile traditionnelle la plus couramment utilisée possède un profil en S horizontal.
La cohésion de la toiture est assurée par un système de recouvrement partiel de chaque tuile par sa voisine, l’autre extrémité de la pièce étant fixée au lattis.

Les faîtages des toitures sont constitués de tuiles faîtières, particulières par leur forme demi ronde.

L’étanchéité de l’ensemble peut être renforcée par un jointoiement partiel ou total au mortier.

Au Pays des Collines, l’ardoise est un matériau d’exception qui est réservé à la couverture des bâtiments remarquables.

La tuile rouge orange avec un profil en « S » est le matériau de couverture privilégié des volumes traditionnels du Pays des Collines.