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Introduction
Introduction

Le Pays des Collines, c’est une succession de villages et hameaux éparpillés dans un paysage de vallons et de bocages.


C’est aussi un cadre de vie de qualité au sein duquel le souci de conservation du patrimoine paysager et architectural – relativement bien préservé – a abouti en 1997 à la reconnaissance du statut de parc naturel pour la région.


La sauvegarde de ce patrimoine, c'est-à-dire le maintien de la mémoire collective, passe par sa restauration et/ou sa réaffectation.
Mais pour bien restaurer ou réaffecter, il est indispensable de bien connaître le bâtiment, de bien le comprendre.


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L'organisation spatiale
L'organisation spatiale
Au Pays des Collines, l’habitation rurale traditionnelle de base est le plus souvent une maison basse (un seul niveau) de modestes dimensions, développée en longueur sous une toiture unique dont la planéité renforce l’impression d’horizontalité de l’ensemble.
Le logis initial était au départ constitué essentiellement d’une cellule principale faisant fonction d’habitation, dispositif minimal prolongé d’une « remise » destinée en général à servir d’étable.
Ce logis de base peut être implanté parallèlement ou perpendiculairement à l’espace rue.

A cette combinaison bi-cellulaire (logis + étable) peut s’ajouter une troisième cellule : la grange.
Volume le plus souvent indépendant – ses fonctions exigent une hauteur de murs différente – la grange va, par son implantation perpendiculaire

ou parallèle au logis, déterminer le type de disposition de l’ensemble.

L’implantation du logis par rapport à la voirie est déterminante pour le traitement qui sera réservé aux abords de la ferme .
En ce qui concerne les petits ensembles, les abords sont le plus souvent traités avec simplicité  : une zone ouverte sur l’espace rue, une clôture basse…
Quand la taille de l’exploitation la nécessite, les trois volumes sont clairement individualisés.
Dans ce cas, habitat, étable et grange occupent des ailes différentes et l’espace ainsi cerné est réservé à la cour.  On obtient alors une disposition en U plus ou moins symétrique.  Les trois ailes sont généralement non jointives puisqu’elles résultent d’une succession d’ajouts.

Enfin, si la multiplication des fonctions exige un nouvel agrandissement, l’ensemble bâti aboutira au plan en quadrilatère , résultat de l’ajout d’une aile à rue qui pourra accueillir bûcher, fournil ou autres éléments annexes.

L’aile à rue qui clôt l’ensemble ne fait pas systématiquement l’objet d’une construction.  Elle peut être laissée ouverte ou fermée par une grille et parfois un muret.
Traditionnellement, la région comporte une majorité de petites et moyennes exploitations, les grosses fermes en carré étant plus rares.

Volume unique bas et allongé, petits ensembles aux volumes diversement disposés, grands quadrilatères…l’habitat rural du Pays des Collines se présente sous des formes variées.

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la volumétrie
la volumétrie
La volumétrie
Le volume type de la région est parallélipipédique, développé en longueur et de profondeur réduite.  Il est cadré par deux murs pignons, autrefois débordants sur la toiture.

Hauteur, gabarit, inclinaison de la toiture : ces trois éléments sont déterminants pour définir le volume de l’habitation.
C’est le recours quasi systématique à un même type de gabarit (rapport de proportions hauteur/ longueur/largeur) qui a contribué au fil du temps à donner au paysage son homogénéité.
L’habitat se développe en longueur :
•    la hauteur sous corniche est réduite (un seul niveau d’habitation)
•    la pignon aigu est lié à une toiture à deux versants très inclinés (45° à 55°)

C’est en multipliant le gabarit de base au gré des besoins que l’on va obtenir les différentes combinaisons de volumes qui caractérisent les exploitations rurales de la région.
Bien qu’étant de dimensions variables, les dépendances conservent généralement des proportions identiques à la cellule de base.

Quand une extension de l’habitation est nécessaire, le volume de base est :
•    soit allongé d’une ou de deux pièces supplémentaires

•    soit partiellement approfondi par l’ajout d’un appentis qui s’inscrira dans le prolongement de la toiture.

L’étalement est le plus souvent préféré au surhaussement, il est très rare que la maison se soit augmentée d’un étage.
Le volume allongé, peu profond et cadré par un pignon aigu, que l’on retrouve indifféremment dans le logis de base ou les petits ensembles, est caractéristique de la volumétrie traditionnelle du pays des Collines.

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La toiture
La toiture

La toiture la plus courante est constituée de deux versants très inclinés (on observe dans la région des inclinaisons entre 45° et 55°) recouverts de tuiles rouges.
Les toits très pentus favorisent un écoulement rapide des eaux, indispensable en cas de couverture de chaume et d’absence de gouttière.
La tradition constructive a conservé cette forte inclinaison de toiture bien après que la tuile ait remplacé le chaume sur une grande majorité des toitures.

La forte inclinaison du toit est parfois modérée par un adoucissement de la pente : le coyau.
Le coyau est le mouvement de redressement de la pente de toiture à sa base.  A l’origine, le terme désignait la pièce de bois qui redressait la toiture pour rejeter les eaux de pluie loin de la maçonnerie.

Les pignons sont dits « débordants » quand ils dépassent de la toiture et encadrent celle-ci.
Ce dispositif protégeait la toiture de la pluie et de la force du vent lorsqu’elle était recouverte de chaume.  Ces pignons ont quelquefois été conservés avec leur débordement, malgré le remplacement de la couverture originelle par de la tuile.

Dans la cour de certaines fermes, on observe de larges débordements de toiture (jusqu’à un mètre) le long des dépendances.
Ces débordements permettent une circulation à sec sur le trottoir qui est ainsi protégé de la pluie.  Présents sur des dépendances, ces débordements sont inexistants sur le corps de logis.

A l’origine, les seules ouvertures présentes sur les toits consistaient en quelques tuiles ajourées (les tuiles « chatières ») qui ont une fonction d’aération des combles.

La planéité du toit est parfois interrompue par la présence d’une lucarne passante qui prend appui sur le mur porteur, en faisant saillie sur la toiture et permet l’éclairage ou l’accès à l’étage des dépendances.

Forte inclinaison et planéité sont deux caractéristiques principales de la toiture au Pays des Collines.

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Les façades
Les façades

Les différents types d’ouvertures présentes sur une façade sont liés aux caractéristiques fonctionnelles de l’habitation.  Dans la maison rurale, les ouvertures des façades sont très fonctionnelles : elles répondent à des besoins et traduisent clairement l’organisation intérieure du bâtiment.


1. La façade principale du CORPS DE LOGIS
Cellule réservée à l’habitation de la famille, le corps de logis reçoit un traitement particulier  en matière d’ouvertures.
Comme le logis aligne le plus souvent les pièces en façade, souvent orientée au Sud ou Sud Est, les ouvertures qui y sont percées suffisent à l’éclairage de l’habitation.
La façade arrière sera soit aveugle, soit percée d’ouvertures de plus modestes dimensions.

2. Les façades latérales ou PIGNONS
Dans la région, les pignons sont traditionnellement aveugles, la faible profondeur de l’habitat et sa hauteur relative (un seul niveau d’habitation)  ne nécessitant pas d’éclairage latéral.

3. Les encadrements de baies
L’encadrement des baies peut adopter différentes formules.
Parfois réduit à sa plus simple expression, il se présente sous la forme d’un linteau droit de bois, de pierre ou de brique.

Largement répandu dans la région, le modèle tournaisien emploie la pierre calcaire pour les montants et l’arc de la baie.
Il s’agit d’une intention décorative plutôt que d’un rôle technique : contraste visuel de l’alternance du calcaire et de la brique rouge pour l’encadrement des baies.

Les ouvertures de la façade principale reflètent l’organisation interne de la maison.
Le type d’ouvertures et les matériaux utilisés expriment un style régional.
Le rapport entre les pleins et les vides (entre le mur et les ouvertures) induit un rythme caractéristique de la façade.


4. Les façades des DEPENDANCES
Dans les dépendances, le principe de base reste identique : chaque cellule est ouverte sur sa façade par un accès (une porte) dont le type varie en fonction de l’utilisation.  A ces portes s’ajoutent des baies (fenêtres) destinées soit à l’éclairage soit à l’aération.
La grange
C’est un bâtiment dont la fonction (entreposage de longue durée) ne nécessite que quelques ouvertures (passage de chariots, porte piétonne).
La localisation de la porte charretière détermine l’appellation « en large » ou « en long ».  C’est le type « en large » qui prédomine dans le pays des Collines.

La porte de grange peut être simplement déterminée par un linteau droit ou s’inscrire dans une arcade dont la courbure est le plus souvent surbaissée ou en anse de panier.

Pour l’étable, la grange et les autres dépendances agricoles, seules quelques baies d’aération sont nécessaires en plus des portes.  Ces ouvertures sont souvent de petite taille et traitées simplement.
Pour les autres dépendances, les dimensions et le style des ouvertures signalent le type de bétail abrité.


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Les matériaux
Les matériaux

1. Les murs
Les matériaux les plus souvent utilisés dans l’habitat traditionnel rural sont issus des ressources du milieu environnant.
Très présente dans le sous-sol de la région, l’argile est à l’origine de la prédominance de la brique (Matériau originellement de facture artisanale, la brique sera produite industriellement à partir du 19ème siécle) de terre cuite comme matériau de construction.
Le mur de brique
La régularité d’une maçonnerie de brique est due au type d’appareillage (alternance de boutisses et de panneresses).
Les joints discontinus qui découlent de ce type d’appareillage renforcent la cohésion de la maçonnerie.
Afin de protéger la brique de l’humidité, la maison est blanchie à la chaux.
Un goudronnage du bas des murs protège ceux-ci des éclaboussures de l’eau s’écoulant du toit.

La brique, par la régularité de son format, permet la création d’une frise saillante.  Cette frise qui orne le pied de la toiture a un rôle fonctionnel, en permettant de prolonger la structure de la charpente au-delà du mur et ainsi d’éloigner le plus loin possible les eaux de la toiture.
Le mur de torchis
Aujourd’hui oubliée, la technique du pan de bois et torchis a été très employée dans la région jusqu’au début du 20ème siècle.  
Généralement, un soubassement en maçonnerie assure une assise plus solide aux murs de la bâtisse et une protection contre les dégradations dues à l’humidité.  Dans ce type de construction, le torchis est retenu par un réseau de branchages entrelacés (le clayonnage) puis lissé et recouvert d’un enduit de protection.
Pour en savoir plus, voir le site http://pandebois.org/

Au Pays des Collines, l’utilisation de la pierre calcaire pour les murs est exceptionnelle.
Un habitat caractérisé par des murs de brique rouge, apparente ou blanchie à la chaux.


2. La toiture
L’image la plus courante de la toiture régionale est une bâtière de tuiles limitée par des pignons débordants.
Avant d’être supplanté par la tuile (seconde moitié du 19ème siècle), le chaume de seigle prédominait sur les toitures.
C’est la forte inclinaison nécessaire à un écoulement rapide des eaux de pluie (indispensable dans le cas d’une toiture végétale) qui a conduit à la généralisation des toitures à pignons aigus dans la région.

Les pignons qui dépassent de la toiture protègent celle-ci (à l’origine en chaume) des effets du vent et de la pluie.
Aujourd’hui, ce sont des tuiles dites aussi « pannes » qui sont présentes sur la majeure partie des toits.  Leur tonalité orange est nuancée par des variations chromatiques (production artisanale combinée au vieillissement naturel du matériau).
Dans la région, la tuile traditionnelle la plus couramment utilisée possède un profil en S horizontal.
La cohésion de la toiture est assurée par un système de recouvrement partiel de chaque tuile par sa voisine, l’autre extrémité de la pièce étant fixée au lattis.

Les faîtages des toitures sont constitués de tuiles faîtières, particulières par leur forme demi ronde.

L’étanchéité de l’ensemble peut être renforcée par un jointoiement partiel ou total au mortier.

Au Pays des Collines, l’ardoise est un matériau d’exception qui est réservé à la couverture des bâtiments remarquables.

La tuile rouge orange avec un profil en « S » est le matériau de couverture privilégié des volumes traditionnels du Pays des Collines.


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Question/réponse
Question/réponse

Comment réaliser une bonne rénovation d'un bâtiment rural ?


Comment maintenir les caractéristiques patrimoniales du bâti en y intégrant un désir de modernité et de fonctionnalité bien légitime de la part d'un nouveau propriétaire ?


Si l’on n’y prend garde, la multiplication de restaurations mal intégrées risque de détériorer le patrimoine local.


Restaurer en respectant l’authenticité de l’habitat n’est pas une chose aisée, il faut intervenir en respectant :
•    La volumétrie
•    La toiture
•    Les façades
•    Les matériaux
•    Les abords


Pour aider le propriétaire d’une maison traditionnelle à bien la rénover, le service d’Assistance Architecturale et Urbanistique de la Fondation Rurale de Wallonie, a édité une brochure de conseils intitulée « L’Habitat traditionnel du Pays des Collines : conseils à la restauration et à la réaffectation ».
Basée sur des principes d’authenticité et de respect du caractère régional, cette brochure envisage successivement :
•    La modification des volumes (comment agrandir l’espace habitable)
•    Le remplacement de la toiture existante (inclinaison, matériau,..)
•    Le traitement à réserver aux portes et fenêtres (taille, localisation, dessin, matériau,…)

Cette brochure est disponible aux adresses suivantes :
Parc naturel du Pays des Collines       
Ruelle des Ecoles, 1 à 7890   Ellezelles
Tel : 068/54 46 00 - Fax : 068/54 46 03 Email :
e.oblin@pnpc.be

Fondation Rurale de Wallonie,
Equipe régionale du Hainaut Occidental
Ruelle des Ecoles, 1 à 7890 Ellezelles
Tel 068/64 66 29 - Fax 068/64 66 31
Email : hainaut.occ@frw.be


Assistance Architecturale et Urbanistique de la Fondation Rurale de Wallonie
Rue des Potiers, 304
6717 Attert
Tél. : 063/23 04 94 - Fax : 063/23 04 99
Email : aau@frw.be


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